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Book ReviewsFrançoise Furkel, Heike Jung, Bioéthique et Droits de
l'Homme. Kôln/Berlin/Bonn/München. Carl Heymanns Verlag KG
(1993) 155 pages. Ce sont les actes d'un symposium franco-allemand
«Bioéthique et Droits de l'Homme», organisé les 2 et
3 février 1990 par le Centre d'Etudes juridiques françaises et un
groupe de travail de droit médical de l'Université de la Sarre,
qui sont publiés avec des contributions écrites revues
partiellement en mars 1992. Certaines interventions pâtissent
légèrement d'un manque d'informations récentes dans un
domaine, le développement des sciences biomédicales, qui
contraint les institutions, aussi bien européennes (le Conseil de
l'Europe et plus modestement les Communautés européennes) que
nationales à réfléchir et à prendre des
mesures. Mais les thèmes traités, les questions soulevées
comme les analyses proposées dans ce livre démontrent
parfaitement la pertinence de continuer la réflexion et de croiser les
regards entre les disciplines et les pays. Le professeur Jacqué, malgré des interprétations
juridiques possibles de la Convention européenne des droits de l'homme
à propos du statut de l'embryon, d'un éventuel droit à la
procréation et du droit à l'identité
génétique, reconnaît qu'en l'absence de réponses
jurisprudentielles sur ces problèmes, le concept de
«dignité humaine» peut être un viatique en attendant
une «convention spécifique qui développerait les principes
enracinés dans la Convention en les appliquant au domaine de la
bioéthique» (page 8). Cet appel est en voie de
concrétisation au Conseil de l'Europe, où le Comité
directeur pour la bioéthique (CDBI) poursuit la rédaction d'un
«projet de Convention pour la protection des droits de l'homme et de la
dignité de l'être humain à l'égard des applications
de la biologie et de la médecine: Convention de
bioéthique». Avec une étude comparative en France, en Allemagne et en
Suède, Françoise Furkel s'attache à étudier les
politiques suivies et les implications juridiques différentes et
significatives de l'anonymat du donneur en matière d'insémination
artificielle. Le statut juridique du foetus en tant que donneur d'organe, dans
le droit allemand, fait l'objet de la dernière contribution de la
première partie du livre. La deuxième concerne «l'analyse du génome
humain». Le professeur Zang, soulignant le pouvoir grandissant de la
technologie génétique, s'inquiète des conséquences
éthiques possibles de la meilleure connaissance du génome humain.
Des mesures devront être Prises pour garantir àchacun la
confidentialité des données génétiques. Ce souhait
est largement partagé par le professeur Bauer, qui traite des
problèmes fondamentaux engendrés par cette analyse du
génome, en matière de droit civil. Il s'agit de déterminer
de quelles façons l'individu sera protégé, en fonction de
principes tels que l'intérêt du sujet, et dans quelles conditions
restrictives celui-ci peut être remis en cause. Enfin, Marie-Angèle Hermitte brosse une des premières
analyses publiées sur la logique engagée au niveau communautaire
avec le programme «Analyse du génome humain».
Contextualisant cette nouvelle ferveur au sein du milieu de la recherche,
critique sur les sousentendus mercantiles de ce programme, l'auteur rappelle
à juste titre le rôle du Parlement européen, et de certains
de ses membres, dans le commencement d'un débat dépassant la
simple logique de la compétitivité de la recherche
européenne, et insiste sur les aspects sociaux, éthiques et
juridiques soulevés. S'en tenant aux travaux de 1989, qui depuis se sont
multipliés au P.E. le constat final est quelque peu
désillusionné. La troisième partie de cet ouvrage, à lire, traite de
l'émergence des comités d'éthique. en premier lieu au
niveau local, puis national. Répondant à des logiques et des
missions différentes, le regard comparé entre la France et
l'Allemagne est riche d'enseignements l'il Allemagne, les professeurs Grupp et
Jung, tout en s'interrogeant sur leur statut juridique et leur composition,
reconnaissent leur utilité, mais soulignent que les comités
n'empêchent en aucun cas le praticien à une responsabilité
individuelle toute particulière. La situation française, présentée par Dominique
Thouvenin, traduit bien les objectifs multiformes qui sont demandés
à ces lieux pluridisciplinaires. Les Comités locaux, au sein des
hôpitaux, chargés des protocoles de recherche et le Comité
consultatif national d'éthique, instance hybride reflètent le
renouvellement plus large de la question de la décision, et donc du
politique dans nos sociétés complexes, face à de nouveaux
enjeux aussi fondamentaux pour le devenir de l'homme. François D. Lafond Institut universitaire européen
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